Je compris que notre dernière heure était venue, Je levai les yeux et les mains au ciel avec une dernière prière, et j'attendis la mort. En ce moment je vis, non pas descendre, mais se précipiter, mais bondir de rocher en rocher, un jeune homme, qui s'arrêta, debout sur une pierre dominant toute cette scène, pareil à une statue sur un piédestal, et qui, étendant la main sur le champ de bataille, ne prononça que ce seul mot .Assez. A cette voix, tous les yeux se levèrent, chacun parut obéir à ce nouveau maître, Un seul bandit replaça son fusil à son épaule et lâcha le coup. Un de nos hommes poussa un cri, la balle lui avait cassé le bras gauche, Il se retourna aussitôt pour fondre sur l'homme qui l'avait blessé . mais, avant que son cheval n'eût fait quatre pas, un éclair brillait audessus de notre tête, et le bandit rebelle roulait la tête fracassée par une balle, Tant d'émotions diverses m'avaient conduite au bout de mes forces, je m'évanouis. Quand je revins à moi, j'étais couchée sur l'herbe, la tête appuyée sur les genoux d'un homme dont je ne voyais que la main blanche et couverte de bagues entourant ma taille, tandis que, devant moi, debout, les bras croisés, le sabre sous un de ses bras, se tenait le jeune chef moldave qui avait dirigé l'attaque contre nous. vanessa bruno soldes Kostaki, disait en français et d'un ton d'autorité celui qui me soutenait, vous allez à l'instant même faire retirer vos hommes et me laisser le soin de cette jeune femme,Mon frère, mon frère, répondit celui auquel ces paroles étaient adressées et qui semblait se contenir avec peine . mon frère, prenez garde de lasser ma patience . je vous laisse le château, laissezmoi la forêt. Au château, vous êtes le maître, mais ici je suis toutpuissant. Ici, il me suffirait d'un mot pour vous forcer de m'obéir.Kostaki, je suis l'aîné, c'est vous dire que je suis le maître partout, dans la forêt comme au château, làbas comme ici. Oh ! je suis du sang des Brankovan comme vous, sang royal qui a l'habitude de commander, et je commande,Vous commandez, vous, Grégoriska, à vos valets, oui . sac paillette vanessa bruno pas cher à mes soldats, non.Vos soldats sont des brigands, Kostaki... des brigands que je ferai pendre aux créneaux de nos tours, s'ils ne m'obéissent pas à l'instant même,Eh bien !XII LES MONTS CARPATHES. 125Page 129 Les mille et un fantomesessayez donc de leur commander. Alors je sentis que celui qui me soutenait retirait son genou et posait doucement ma tête sur une pierre, Je le suivis du regard avec anxiété, et je pus voir le même jeune homme qui était tombé, pour ainsi dire, du ciel au milieu de la mêlée, et que je n'avais pu qu'entrevoir, m'étant évanouie au moment même où il avait parlé. faux vanessa bruno moyen C'était un jeune homme de vingtquatre ans, de haute taille, avec de grands yeux bleus dans lesquels on lisait une résolution et une fermeté singulières. Ses longs cheveux blonds, indice de la race slave, tombaient sur ses épaules comme ceux de l'archange Michel, encadrant des joues jeunes et fraîches . ses lèvres, étaient relevées par un sourire dédaigneux, et laissaient voir une double rangée de perles . son regard était celui que croise l'aigle avec l'éclair. Il était vêtu d'une espèce de tunique en velours noir . un petit bonnet pareil à celui de Raphaël, orné d'une plume d'aigle, couvrait sa tête . il avait un pantalon collant et des bottes brodées.